Combien coûte réellement une année après le bac en France ? Pour anticiper le budget des études supérieures, il faut additionner les frais de scolarité et le coût de la vie étudiante. Le logement, en particulier, peut représenter une dépense bien plus importante que l’inscription dans une formation publique.
Les écarts sont considérables selon la formation et la ville choisies. Mieux vaut donc chiffrer les différentes possibilités avant de formuler les vœux : une licence près du domicile familial et une école privée dans une autre région n’engagent pas du tout le même budget.
Voici les tarifs 2026-2027 de plusieurs formations, un exemple de dépenses mensuelles et les aides à intégrer au calcul. L’objectif : savoir combien coûtera le parcours envisagé et quelle somme votre famille devra réellement financer.
- Distinguer frais de scolarité et coût de la vie
- Les frais d’inscription à l’université
- Les coûts détaillés par formation
- Un budget mensuel détaillé, logement compris
- Les aides et les financements
- Comparer les parcours et leur coût total
- Parler du budget avec son enfant
- Calculer le budget annuel de votre famille
- Les questions fréquentes
Combien coûte une année d’études supérieures en France en 2026 ?
D’un côté, les frais de scolarité correspondent aux sommes facturées par l’établissement. De l’autre, le coût de la vie étudiante regroupe notamment le logement, l’alimentation et les transports.
Pour les frais de scolarité, les montants vont d’une formation gratuite en BTS public à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un cursus complet dans certaines écoles privées. Il faut donc regarder le tarif de chaque année, puis la durée totale du parcours.
Concernant le coût de la vie étudiante, le montant dépend surtout de la ville et du mode de logement. Ces dépenses pèsent souvent plus lourd que les frais d’inscription dans une formation publique. Un étudiant qui reste chez ses parents évite ainsi un loyer supplémentaire, même si ses repas et ses déplacements restent à financer.
Calculer ce que votre famille devra financer
Commencez par additionner les frais de formation, les dépenses mensuelles sur toute la période concernée et les achats de rentrée. Déduisez ensuite les aides confirmées. Vous pourrez alors répartir la somme restante entre la participation familiale, les revenus de l’étudiant et son épargne éventuelle.
Le montant viré chaque mois à votre enfant n’est pas forcément son budget total. Si vous payez directement son loyer, son assurance ou ses billets de train, ces dépenses font aussi partie de votre contribution.
Combien les études coûtent-elles à la collectivité ?
Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, la dépense moyenne atteint 13 300 € par étudiant en 2024, dernière année présentée dans cette étude. Elle s’élève à 12 460 € à l’université, 17 220 € en section de technicien supérieur et 19 070 € en classe préparatoire.
Ces montants correspondent à la dépense de l’ensemble des financeurs : État, collectivités territoriales, entreprises et ménages. L’État apporte 56,3 % du financement total de l’enseignement supérieur. Il serait donc inexact de présenter les 13 300 € comme une somme payée uniquement par l’État.
Pour une famille, la distinction est essentielle : les droits d’inscription à l’université ne reflètent pas le coût complet de la formation, dont une grande partie est financée collectivement.
Frais d’inscription à l’université : licence, master et doctorat
Pour l’année universitaire 2026-2027, les droits nationaux d’inscription sont de 178 € en licence, 255 € en master et 398 € en doctorat. Le tarif de licence s’applique également au BUT préparé dans un IUT public.
À ces droits s’ajoute la CVEC de 105 € pour les étudiants qui y sont assujettis. Cela représente donc 283 € en licence ou en BUT, 360 € en master et 503 € en doctorat, avant toute exonération.
Les étudiants boursiers concernés sont exonérés des droits d’inscription et de la CVEC. Ils doivent néanmoins obtenir leur attestation de CVEC pour finaliser leur inscription. D’autres situations ouvrent également droit à une exonération.

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Essayer maintenantEssayer maintenantLe BTS dans un lycée public est gratuit et ne donne pas lieu à la CVEC. La scolarité en classe préparatoire publique est également gratuite. En revanche, l’inscription parallèle à l’université peut entraîner des droits universitaires et la CVEC, selon la situation de l’élève.
Enfin, les écoles publiques d’ingénieurs n’appliquent pas toutes le même tarif. Le montant national de 630 € concerne certaines formations, tandis que d’autres écoles fixent des droits de plusieurs milliers d’euros.
Budget des études supérieures : les coûts détaillés par formation
Le tableau ci-dessous compare les frais de scolarité, hors logement et dépenses quotidiennes. Les tarifs nationaux concernent les étudiants auxquels ces droits s’appliquent ; les exemples d’écoles publiques d’ingénieurs correspondent ici aux étudiants européens, hors exonération.
| Formation | Frais de scolarité | À prévoir en complément |
|---|---|---|
| Licence ou BUT public | 178 € par an | CVEC : 105 €, sauf exonération |
| Master public | 255 € par an | CVEC : 105 €, sauf exonération |
| Doctorat public | 398 € par an | CVEC : 105 €, sauf exonération |
| BTS en lycée public | 0 € | Matériel et déplacements ; pas de CVEC |
| Classe préparatoire publique | 0 € de scolarité au lycée | Inscription universitaire parallèle et CVEC selon la situation |
| École d’ingénieurs au tarif national | 630 € par an | CVEC : 105 €, sauf exonération |
| IMT Mines Albi, cursus étudiant | 3 200 € par an | CVEC ; exonérations possibles |
| CentraleSupélec, ingénieur généraliste | 2 500 à 5 000 € par an pour les nouveaux entrants 2026, selon les revenus | CVEC ; exonération des boursiers concernés |
| EPITA, cursus ingénieur privé | 9 890 à 12 790 € par an selon le cycle et l’inscription | Montants incluant les 990 € d’inscription ; CVEC en supplément si due |
| KEDGE Bachelor | 10 000 € par an, soit 30 000 € sur trois ans aux tarifs affichés | CVEC, séjours et dépenses de vie |
| NEOMA Programme Grande École | 18 000 € en L3 ; 37 000 € pour M1 et M2 réunis | 55 000 € pour ces trois années, frais de gestion inclus ; vie étudiante en plus |
| Écoles de Condé, design privé | 7 400 à 9 700 € par an selon l’année et le campus | Dossier : 500 € à l’entrée ; frais techniques : 150 à 350 € par an |
Ces exemples donnent des repères concrets, sans constituer un tarif minimum ou maximum pour toute une catégorie d’écoles. Pour une inscription ultérieure, vérifiez le barème de la promotion concernée et les conditions de paiement.
Écoles d’ingénieurs : le public ne signifie pas toujours 630 €
Dans les écoles publiques citées ici, les droits vont de 630 à 5 000 € par an. À IMT Mines Albi, un étudiant européen doit ainsi prévoir 3 200 € de scolarité annuelle. À CentraleSupélec, le barème des nouveaux entrants en 2026 dépend des revenus du foyer.
Pour comparer deux admissions, demandez donc le coût des trois années du cycle ingénieur, mais aussi celui des éventuelles années préparatoires. Dans une école privée comme EPITA, le tarif change entre le cycle préparatoire et le cycle ingénieur : multiplier le prix de première année par cinq donnerait un résultat trompeur.
Commerce, art et design : regarder le coût du cursus complet
En commerce, les deux exemples du tableau représentent environ 10 000 à 18 500 € par année d’études, le second montant étant la moyenne des deux années de master à NEOMA. Pour les trois années présentées, le total passe de 30 000 € pour KEDGE Bachelor à 55 000 € pour le Programme Grande École de NEOMA. Ce sont des diplômes et des parcours différents : comparez aussi le niveau obtenu, la durée et les possibilités d’alternance.
En art et en design privés, le matériel mérite une attention particulière. Aux Écoles de Condé, les tarifs du design vont de 7 400 à 8 600 € en première année, puis de 8 050 à 9 700 € par an en deuxième et troisième années. Les frais de dossier et les frais techniques s’ajoutent à la scolarité. Prévoyez également les fournitures, impressions ou équipements demandés pour le cursus choisi.
Pour explorer des parcours moins coûteux dans un domaine proche, consultez aussi les formations en BTS, les classes préparatoires et les BUT, bachelors et licences. Le statut public ou privé de chaque établissement reste à vérifier.
Le coût de la vie étudiante : un budget mensuel détaillé
Un budget de 800 ou 850 € par mois ne correspond pas à un budget alimentaire. Il peut désigner l’ensemble des dépenses, loyer compris. Pour éviter cette confusion, séparez les dépenses de logement de l’argent nécessaire pour vivre au quotidien.
Exemple pour un étudiant qui n’habite plus chez ses parents
Voici une hypothèse de budget mensuel à adapter à la ville, au logement et aux habitudes de votre enfant. Il s’agit d’un exemple de calcul, pas d’une moyenne nationale :
- Logement et charges : 450 €.
- Alimentation : 250 €.
- Transports locaux : 30 €.
- Téléphone et internet : 20 €.
- Autres dépenses : 50 € pour l’assurance habitation, l’hygiène et quelques dépenses personnelles.
Le total atteint 800 € par mois, dont 250 € pour manger. Il faudra ajouter les dépenses qui ne figurent pas dans cet exemple : retours réguliers au domicile familial, soins restant à charge, vêtements ou équipement coûteux. À l’inverse, un loyer moins élevé ou des repas pris au restaurant universitaire peuvent réduire le budget.
Pour situer l’alimentation, le simulateur public Mon Logement Étudiant affiche un repère de 130 à 145 € mensuels, issu de données déclarées dans l’enquête OVE 2023 et retravaillées pour des profils d’étudiants vivant hors du domicile parental. Ce repère statistique n’est pas un forfait conseillé pour tous : vous pouvez retenir, par exemple, 250 à 300 € pour construire votre propre prévision, puis l’ajuster aux dépenses réelles.
Budget total, ressources de l’étudiant et contribution des parents
L’enquête Conditions de vie 2023 de l’OVE évalue les ressources mensuelles moyennes à 1 129 € pour l’ensemble des étudiants. Ce chiffre inclut ceux qui vivent chez leurs parents : ce n’est donc ni une moyenne réservée aux étudiants ayant leur propre logement, ni une somme que les parents verseraient tous les mois.
Ces ressources combinent aide familiale, revenus d’activité et aides publiques. Pour votre enfant, le calcul utile consiste à faire correspondre ses dépenses réelles aux ressources dont il disposera effectivement.
Reprenons l’exemple à 800 € : avec 100 € d’aide au logement par mois, à titre d’hypothèse, il reste 700 € à financer avant une éventuelle bourse ou un revenu d’activité. Si les parents règlent directement les 350 € de loyer restant après cette aide, le virement destiné aux autres dépenses peut être de 350 €. La contribution familiale totale reste bien de 700 €.
Les aides au logement ne sont pas fixées à 100 € pour tous. Leur montant dépend notamment du logement et de la situation de l’étudiant. Utilisez le simulateur d’aide au logement, puis retenez le montant et la date de début de droit confirmés par la CAF.
Avant de choisir une ville, comparez quelques annonces de logements accessibles depuis l’établissement et le tarif des transports. Une recherche de formations en Pays de la Loire, par exemple, peut conduire à des budgets très différents selon la commune et le trajet quotidien.
Financer ses études supérieures et réduire le reste à charge
Les aides à intégrer au budget
La bourse sur critères sociaux du Crous peut apporter un revenu régulier et ouvrir droit à des exonérations. La demande passe par le dossier social étudiant. Les aides au logement, comme l’APL ou l’ALS selon le logement, peuvent ensuite diminuer la somme à financer chaque mois.
Vérifiez aussi les aides de la région, de la commune et de l’établissement, notamment pour la mobilité ou certaines formations. En cas de difficulté soudaine, le service social du Crous peut étudier la situation et les aides adaptées.
Dans votre prévision, distinguez les aides obtenues de celles qui restent à demander. Prévoyez également de quoi payer la rentrée avant les premiers versements : le calendrier des dépenses ne coïncide pas toujours avec celui des aides.

Alternance et prêt étudiant : deux effets différents sur le budget
L’apprentissage permet de suivre une formation sans frais de scolarité à la charge de l’apprenti et de percevoir un salaire. C’est une possibilité à examiner dès la comparaison des cursus. Toutefois, certaines écoles ne proposent l’alternance qu’à partir d’une année précise : les années précédentes restent alors à financer.
Le prêt étudiant, lui, apporte de la trésorerie mais ne réduit pas le coût des études. Il faudra rembourser le capital et, selon le contrat, les intérêts et frais associés. Le prêt étudiant garanti par l’État peut atteindre 20 000 €, sous conditions et sous réserve d’acceptation par une banque partenaire.
Quelle filière choisir pour limiter le coût de ses études ?
Commencez par comparer des formations qui répondent au même objectif. Pour un jeune intéressé par le commerce, par exemple, un BTS, un BUT et un bachelor privé peuvent constituer différentes portes d’entrée. Leur durée, leur contenu et leurs possibilités de poursuite d’études ne sont toutefois pas identiques.
Regardez ensuite le coût jusqu’au diplôme visé. Un cursus peu cher pendant deux ans peut devenir plus coûteux si la poursuite d’études nécessite une école privée et un déménagement. À l’inverse, une formation payante peut devenir plus accessible si une partie du parcours se déroule en apprentissage.
Enfin, comparez le coût de la mobilité. Une formation gratuite loin du domicile peut revenir plus cher à la famille qu’une formation payante à proximité, une fois le logement et les trajets additionnés. Le tarif affiché par l’école ne suffit donc pas à départager les options.
Parler d’argent sans bloquer la discussion d’orientation
Présentez à votre enfant une enveloppe concrète : ce que vous pouvez financer chaque mois, les frais de rentrée disponibles et la durée pendant laquelle cette aide est possible. Vous pourrez ensuite chercher ensemble les parcours compatibles avec cette enveloppe.
Si une formation dépasse le budget, examinez d’abord les alternatives dans le même domaine : établissement public, ville moins chère, alternance ou autre voie d’accès au diplôme. Cela permet de discuter des possibilités réelles sans réduire l’échange à « cette école est trop chère ».

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Hopteo aide à déterminer précisément le profil de l’enfant et les parcours d’études possibles. Une fois ces pistes identifiées, vous pouvez comparer leur durée, leurs établissements et leur coût. Vous trouverez aussi dans notre article sur le fonctionnement de Parcoursup des repères pour préparer la phase de candidature.
Construire un budget d’études supérieures réaliste en 2026
Pour chaque parcours envisagé, utilisez la même formule :
Budget annuel = frais de scolarité + CVEC éventuelle + dépenses mensuelles × nombre de mois + achats de rentrée − aides confirmées.
Reprenons notre exemple avec un logement conservé douze mois : 800 € × 12 = 9 600 € de dépenses courantes. Ajoutons 600 € d’achats et d’installation, puis déduisons une aide au logement hypothétique de 100 € versée pour onze mois de droits, soit 1 100 €. Il reste 9 100 € à financer avant les frais de scolarité et la CVEC.
En conservant exactement ces mêmes hypothèses de vie quotidienne, le budget annuel restant à financer serait donc :
- BTS public : 9 100 €.
- Licence publique : 9 383 €, avec 178 € de droits et 105 € de CVEC.
- IMT Mines Albi : 12 405 €, avec 3 200 € de scolarité et 105 € de CVEC.
- KEDGE Bachelor : 19 205 €, avec 10 000 € de scolarité et 105 € de CVEC.
Ces totaux servent à comprendre l’effet des frais de formation. Ils ne représentent pas le budget réel de chacune des villes concernées. Ils supposent aussi l’absence d’exonération et ne déduisent ni bourse, ni salaire, ni autre aide.
Remplacez ensuite chaque hypothèse par vos propres montants : le loyer trouvé, le nombre de mois de location, l’aide au logement accordée et les achats réellement nécessaires. Le dépôt de garantie doit être prévu dans la trésorerie de rentrée ; puisqu’il est normalement restituable, ne le confondez pas avec une dépense définitive.
Pour compléter ce calcul, consultez notre guide des bourses et aides financières pour les études. Vous disposerez ainsi d’un budget détaillé pour chaque option, avec une distinction claire entre coût total, aides et participation familiale.
Questions fréquentes sur le budget des études supérieures
Les frais sont-ils les mêmes pour un étudiant hors Union européenne ?
Pas toujours. Des droits différenciés peuvent s’appliquer dans l’enseignement supérieur public, avec des exonérations selon la situation et l’établissement. Les écoles peuvent aussi prévoir des barèmes distincts. Demandez le tarif applicable au profil de l’étudiant avant de retenir un montant.
Que faire si les revenus de la famille baissent pendant les études ?
Contactez le Crous et le service social de l’établissement. Selon la situation, un réexamen du dossier ou une aide spécifique peut être envisagé. Prévenez également l’école si vous avez besoin de discuter de l’échéancier de paiement.
Une formation plus chère est-elle forcément meilleure ?
Non. Le tarif ne suffit pas à évaluer une formation. Comparez le diplôme délivré, sa reconnaissance, le contenu des cours, les stages, l’alternance et les débouchés correspondant au projet de votre enfant.
Pourquoi deux étudiants dans la même ville n’ont-ils pas le même budget ?
Le logement explique une grande partie des écarts. La formation peut aussi nécessiter du matériel, des déplacements ou des périodes de stage dans une autre ville. Enfin, les aides et les dépenses prises directement en charge par la famille varient d’un étudiant à l’autre.
Quand commencer à chiffrer le budget des études ?
Dès la première, vous pouvez établir des ordres de grandeur pour les principales pistes. Affinez-les en terminale, avant les vœux, puis actualisez le calcul lorsque la formation, le logement et les aides sont confirmés.

À propos de l’auteur
Ingénieur des mines et cofondateur d’Hopteo, j’aide les familles à décrypter Parcoursup et à réussir leur orientation.







